Nos enfants nous accuseront (critique de film)

Publié le par anti-spanc

Je viens ici tout d'abord remercier le collectif citoyen (...)

 Je salue l'honnêteté, le souci du respect des personnes et de la vérité (et des accents sur les majuscules, moi qui lutte contre leur disparition !) (...) de la première partie de soirée (...). 

 Mais il en allait de l'exact contraire pour la deuxième partie, le film de Jean-Paul Jaud. La présentatrice a d'ailleurs presque tout dit en présentant le réalisateur comme un « militant ». Or, derrière le militant se cache toujours le militaire, du genre on détruit tout, on noye tout sous un tapis de bombes, on finit à la baïonnette et on discute après. S'il reste quelqu'un pour discuter. S'il ne reste personne, c'est le jugement de Dieu, comme pendant l'Inquisition. Monsieur Jaud se comporte ici comme un prêcheur, un asseneur de vérités, un prophète qui tiendrait sa thèse du Très-haut et qui n'a donc pas à laisser ses ouailles juger sur pièces. Et pour fuir la discussion, il use de trois outils principaux : le manichéisme, la négation des autres thèses et le cinéma, son vrai métier.

 Le discours de Monsieur Jaud m'est apparu tout à fait sectaire notamment en ce qu'il dépeint le monde comme bi-dimentionnel, en noir et blanc, sans aucune nuance. D'un côté les bons et beaux agriculteurs bio (vous avez remarqué, il a fait un casting ou quoi ?) et de l'autre les vilains caca agriculteurs conventionnels. D'un côté le blanc traitement naturel par les plantes, de l'autre le noir traitement par les pesticides. Mais quand on a vécu quelques décennies, comme moi, on sait bien que le bon, la brute et le truand, cela n'existe que dans les westerns, et que rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Mais Monsieur Jaud est passé maître en l'art instiller le mensonge au milieu de vérités (je ne dis pas qu'il a tort sur tout, hein, mais que sa façon de faire me fait douter, du coup, de tout ce qu'il dit). Ainsi son leit-motiv « bio, c'est pas traité » alors que les traitements autorisés en culture bio sont nombreux. Je conçois qu'il ne s'agirait pas des mêmes mais pourquoi ne pas nous expliquer en quoi les uns sont meilleurs que les autres, pourquoi balayer la question sous le tapis, parce que nous les spectateurs, ne seriont pas aptes à juger ? Ainsi cette fameuse légende urbaine que l'espérance de vie irait baisser. Rien ne le démontre pour l'instant, et si cela devenait le cas, pourquoi ne serait-ce pas dû , allez, au hasard, au refus grandissant des vaccinations que nos parents acceptaient sans broncher et qui nous vaut le retour de tueurs qu'on croyait éradiqués ? Pourquoi ne serait-ce pas dû à la sédentarité grandissante de nos contemporains et l'hygiène de vie effarante des plus jeunes qui passent d'un écran à un autre, sucrerie en main ? Pourquoi ne s'agirait-il que des pesticides ?

 En effet, comme tout bonimenteur qui n'est pas très sûr de la justesse de ses arguments mais seulement de leur efficacité à faire vendre sa camelote (le film d'horreur, c'est toujours plus sexy que les trains qui arrivent à l'heure), M. Jaud ne donne la parole qu'aux scientifiques qui abondent dans son sens, toujours les mêmes, ainsi qu'à un photographe célèbre, on se demande pourquoi, qui, désespéré de ne pouvoir vendre ses très belles images du monde vu du ciel, leur a plaqué dessus un discours écolo bien dans l'air du temps pour les rendre un peu plus rock and roll et un peu moins mortellement ennuyeuses... Jamais il ne demande l'avis des autres scientifiques qui, études solides en main, prétendent que le bio ne présente aucun avantage sur le conventionnel, voire même qu'il présente des dangers supplémentaires comme en ont spectaculairement attesté, malheureusement à leur corps défendant, les victimes récentes de graines germées en Allemagne.

Même chez les quidams qu'ils met en scène, pas le moindre contestataire du dogme, pas plus chez les enfants, cela se comprend, les pauvres, que parmi les parents ou les élus, bizarre non ? Pour ne pas en rester dans cette indigence d'information, je prie instamment le lecteur d'aller visiter les blogs suivants que ne relaient jamais les pisse-copies en mal de scandales : Laurent Berthod ; Marcel Kuntz (biologiste, CNRS) Anton Suwalki 

Enfin, ce que nous avons vu hier soir, c'est bien sûr du cinéma, du spectacle, avec tout ce que cela comporte de tricheries, indispensables dans les fictions, contestables dans les documentaires. Parfois d'ailleurs de vraies pépites qui m'ont fait rire comme tout le monde comme ce petit gros récalcitrant qui ne trouve pas que le bio c'est bon mais qui va, évidemment, à la fin, se convertir. Qui peut croire que les plans ont été pris sur le vif, avec la bonne lumière et le bon son ? Et cette histoire pathétique de la fillette anémique, que vient-elle faire ici, sinon apporter du pathos et faire pleurer dans les chaumières ? Et l'accouchement chez soi, quel rapport avec les pesticides, sinon le désir d'ajouter du mélo et de raccoler large ? Et le pompon c'est quand le réalisateur se met lui-même à l'image, en donneur de leçon sur l'eau, sur fond de Pont de Gard, à des gosses qui n'en ont rien à foutre mais qui voyaient bien qu'on tournait un film, les cabots ;c'est le pompon parce que là, M. Jaud, c'est du mégalo dans toute sa superbe.

 Oui, nos enfants nous accuseront sans doute, ils nous accuseront si nous ne remettons pas ce film de propagande à sa place, sa place de film publicitaire pour les grandes chaînes de supermarchés qui sont en train de tout miser sur le bio, bien plus vendeur que n'importe quoi. Ils nous accuseront alors, nos enfants, d'avoir été les gogos d'un gourou de pacotille.

 

Signé Coriolan, un vieux con.

PS: j'ai trouvé depuis l'avis d'un expert qui me rejoint sur tout alors qu'il ne part que de la bande annonce du film : Denis Corpet, professeur d'hygiène et nutrition humaine.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pat 02/09/2013 08:15

Ben mon gars, si tremper un bambou dans une fosse à m.....te réjouis d'avoir un métier, c'est que tu n'as pas grande ambition dans la vie.Les seuls qui vont s'en mettre plein les poches, dans cette
sordide histoire de RACKET sont les charognards de l'eau, de l'eau sale et des ordures ménagères. Bon courage tout de même. Pat

BESSET PIERRE-YVES 25/07/2013 15:18

J'ai très clairement lut vos revendications , pour ma part je suis un jeune en apprentissage dans un SPANC , qui m'a tout appris et qui m'a permis aujourd'hui d'obtenir un métier qui me permet a
mon échelle de lutter contre les pollutions domestique et de préserver notre planète
ALORS ARRÊTEZ AVEC VOS PSEUDO COLLECTIF ANTI SPANC